ESCAPADE EN IRLANDE

DSC_000

Quelle joie de vous retrouver sur le blog ! Tout d’abord pour renouer le lien avec vous tous, nos fidèles, et puis parce que cela veut évidemment dire que nous sommes repartis arpenter de nouveaux macadams… et cette fois, c’est vers la « verte Erin » que nous avons dirigé nos pas.

Par ailleurs, nous sommes maintenant bien installés dans notre nouvel appartement, tout refait à neuf et c’est donc libérés de tous ces tracas que nous avons pu partir sereins.

En fait c’est grâce à Bénédicte et Max que nous avons fait cette escapade de 4 jours puisque c’était leur cadeau de Noël, à nous et à Blandine… Ils nous offraient l’hôtel et nous choisissions l’endroit. Après avoir mis notre dévolu sur Séville, nous avons finalement choisi l’Irlande !!! Ben oui, ce n’est pas la même chose mais bon, différents critères nous ont fait choisir cette destination : entre autres les vols plus pratiques et moins chers et puis cela faisait longtemps que nous avions envie de découvrir cette île.

Vendredi 20 mars 2015

Après un lever bien matinal, nous étions à Beauvais à 7h00 du matin pour prendre notre vol… L’avantage, c’est que du coup nous sommes arrivés de bonne heure à Dublin et que cela nous a laissé une bonne journée devant nous pour visiter. L’aéroport de Dublin est situé à une quarantaine de minutes du centre-ville et des bus font la navette pour un prix modique… très bien organisés, nous n’avons pas perdu de temps à la recherche d’un transport. Nous avons été débarqués tout près de notre hôtel, qui en plus d’être bien, avait une situation vraiment épatante : en plein centre, dans Temple Bar, le quartier le plus prisé de Dublin.

Un peu affamés, nous n’avions pas « petit-déjeuné », nous avons commencé par chercher un pub où nous alimenter, ce qui ne manque pas à Dublin puisqu’il y est recensé plus de 1000 établissements du genre !!! L’un d’eux nous a attiré, tout proche de l’hôtel, et nous nous sommes rendus compte après coup qu’il était répertorié dans nos guides comme l’une des bonnes adresses, c’est vrai que le décor, l’ambiance chaleureuse et ce que nous y avons mangé… et bu ! nous a bien plu. En plus, nous avons eu droit à de la musique celtique en « live »… tout de suite dans l’ambiance! et à de beaux mecs en kilt, dont nous avons pu apprécier les mollets bien formés…

En forme pour bien entamer la visite, nous avons flâné dans le quartier de Temple Bar avec ses rues hautes en couleur et sa foule bigarrée puis nous nous sommes retrouvés au bord de la « Liffey », rivière qui traverse la ville et qui est enjambée par 24 ponts. Nous avons traversé le « O’Connell Bridge », un pont plus large que long, pour nous retrouver dans la rue du même nom. C’est la plus vaste avenue de la ville, dominée par la colonne d’acier du Spire (que les irlandais, pleins d’humour, décrivent comme un monument qui a coûté 4 millions d’euros et qui ne sert qu’à les diriger pour retrouver leur « home, sweet home » quand ils sont complètement bourrés… ce qui, apparemment arrive souvent !!) et bordée de multiples boutiques où les amateurs de lèche-vitrine peuvent s’en donner à cœur joie, ce qui n’est pas notre cas… Nous avons déambulé d’une rue à l’autre, sans itinéraire précis, admirant les jolies façades en brique dont les portes aux multiples couleurs me donnent toujours envie de les photographier, croisant James Joyce statufié au coin d’une rue, bref un plaisir dont nous aimons tant nous repaître !
Le jour commençait à décliner lorsque nous sommes arrivés au Mémorial de la Famine, 6 bronzes douloureusement réalistes de personnages efflanqués qui incarnent la terrible famine de 1846/1850 qui ravagea l’Irlande. Elles sont disposées là, le long de la Liffey et ce fut un moment émouvant, d’autant que, tout proche, la réplique du Jeanie Johnson, ce célèbre 3 mâts qui transporta à bon port plus de 2500 migrants fuyant cette terrible famine vers les Etats-Unis et le Québec, rappelle un peu plus, s’il le fallait, ces moments terribles vécus par les irlandais.

Passablement sur les rotules, il faut bien l’avouer (nous nous étions levés à 5h du matin, ce qui n’aidait pas), nous avons été manger un morceau avant de regagner l’hôtel et nous vautrer dans les bras de Morphée !!!!

Un clic ici vous permettra de voir les photos du jour.

Samedi 21 mars 2015

Belle journée qui s’annonce ! Le ciel est bien dégagé et nous sommes ravis… nous allons pouvoir faire de belles photos. Nous voilà donc repartis, a pedibus comme toujours ! Heureusement, nous nous sommes rendu compte que la ville n’est pas trop étendue et que nous aurons largement le temps de visiter tout ce que nous avons repéré. A tel point d’ailleurs que nous avons décidé de nous réserver une excursion pour demain, nous irons aux « Cliffs of Moher » (entendez les falaises de Moher) et à Galway…

Mais nous n’en sommes pas encore là et pour l’instant, nous nous dirigeons vers le Trinity College qui se trouve à moins de 3mn à pied de l’hôtel… La création du collège sur l’ancien site d’un monastère, décidée par Elisabeth 1ère, remonte à 1592. Quand on pénètre dans la grande cour pavée entourée de beaux bâtiments, on ne peut s’empêcher de penser aux universités anglaises. Plusieurs cours se succèdent ainsi, bordée de pelouse et nous profitons pleinement du soleil en lambinant dans les allées.

La chose à ne pas rater à Trinity College est la « Old Library » dont on commence la visite par une salle d’exposition qui présente les chefs-d’œuvre de l’enluminure irlandaise. Le clou de la visite est le « Livre de Kells », trésor celte unique au monde. Considéré unanimement comme le plus beau manuscrit enluminé du monde, le livre de Kells n’est pas un évangéliaire ordinaire puisqu’il représente aujourd’hui le plus impressionnant témoignage de la richesse de l’art graphique celte. C’est dans un monastère, vraisemblablement sur l’île de Iona, qu’au VIIème Siècle commence la rédaction de l’ouvrage, 680 pages en parchemin enluminé contenant les quatre évangiles. Au IXème Siècle, les vikings s’emparent du livre auquel ils reconnaissent immédiatement le caractère exceptionnel. Ils le déposent alors au monastère de Kells (Comté de Meath – Irlande) afin qu’il y soit protégé. Pourtant il disparaît, selon un écrit qui fait état du vol en 1007 mais est toutefois retrouvé et restitué au monastère de Kells où il reste jusqu’en 1541, date à laquelle l’Eglise catholique romaine l’emmène à Dublin. C’est en 1661 que le manuscrit est confié au Trinity Collège où il constitue encore à ce jour la pièce maîtresse de la bibliothèque.

Nous nous rendons ensuite dans la « Long Room », 65m de long et haute de plus de 15m, où sont entreposés 200 000 ouvrages. Je dois dire que c’est assez impressionnant de se trouver parmi tant de livres anciens… quelle richesse!

Nous décidons ensuite de nous rendre à la cathédrale St Patrick et chemin faisant, nous passons à côté d’un petit passage couvert, George’s street arcade, qui ressemble à un marché aux puces avec ses fripiers et ses bouquinistes, marrant ! Nous arrivons à la cathédrale, la plus vaste église d’Irlande, qui se dresse depuis 1254 près du mythique puits où St Patrick aurait baptisé les premiers catholiques. C’est aujourd’hui la 2ème cathédrale protestante de Dublin. Le prix à payer pour y entrer est bien élevé pour ce qu’il y a à y voir !

Nous nous sommes ensuite dirigés vers le quartier médiéval en passant vers le « Dublinia », musée retraçant la vie sous les vikings et Christ Church, la plus ancienne cathédrale de Dublin (fondée en 1037 par un roi viking). Sa physionomie actuelle date du 19ème siècle. Nous n’y avons pas pénétré (pas le courage !) car nous voulions nous rendre au Château de Dublin et il nous fallait encore marcher ! Ce faisant, nous sommes passés à côté de St Audoen’s church, la plus ancienne église médiévale de Dublin. Dédiée à St Ouen, elle a conservé son clocher du 12ème siècle.

Construit à la demande de Jean sans Terre en 1204, le château représente quelques sept siècles de domination anglaise. C’est en effet ici que résidèrent jusqu’en 1922 les vice-rois d’Irlande. Hormis la tour, il ne reste pratiquement aucune trace de la bâtisse d’origine, notamment à cause de l’incendie de 1684… Les jardins étaient bien agréables !

Nous avons pris le chemin du retour pour Temple Bar, notre quartier… Fatigués mais heureux de notre journée. Demain, lever de bonne heure car nous avons rendez-vous à 7h20 pour prendre notre « coach » qui va nous conduire jusqu’à Galway, sur la côte Ouest de l’île…

Pour voir le diaporama, c’est là

Dimanche 22 mars 2015

Tout s’est bien passé, le bus était à l’heure et à l’endroit dit… Nous voilà donc partis, accompagnés par une bonne cinquantaine de personnes et d’un guide irlandais, pour une journée hors de Dublin. Nous avons traversé l’île de part en part, environ 500km dans la journée.

Dans la première partie du trajet, nous n’avons pas pris de photos hormis à un stop « technique » auprès d’une tour… Après 3 heures de route, nous sommes arrivés aux « Cliffs of Moher », ces célèbres falaises irlandaises qui s’étendent sur plus de 8 km de long, pour une hauteur atteignant jusqu’à 215 mètres de haut. Certes impressionnant mais en Bretagne (et ailleurs aussi…), il y en a des pas mal non plus et nous ne nous sommes pas spécialement sentis dépaysés… Belle balade quand même, un peu ventée ! Au loin, vous pourrez apercevoir les îles d’Aran sur quelques clichés.

Après 2h sur ce site, nous avons repris le bus (incroyable mais vrai, tout le monde était discipliné ce qui fait que nous n’avons pas perdu de temps à attendre les retardataires), direction les Burren. Passage obligé pour nous rendre à Galway, ce fut la partie la plus belle du voyage. Lieu désertique aux allures quasi-lunaires, le Burren est un plateau rocheux gigantesque s’étendant sur plus de 1300km². La singularité du lieu est telle, qu’Oliver Cromwell avait autrefois décrit le Burren en ses termes : « C’est une région où il n’y a pas assez d’eau pour noyer un homme, pas assez de bois pour le pendre, pas assez de terre pour l’enterrer »… C’est tout à fait pertinent ! Pour notre part, nous avons beaucoup apprécié ces paysages désolés, d’autant que tous les champs sont bordés de murets (de pierres évidemment !) et que nous avons retrouvé ici l’Irlande des guides et des reportages.

La route s’est poursuivie dans de très beaux paysages de pierres, de landes et où la luminosité était vraiment propice aux belles photos !

Galway, dont le nom nous faisait rêver n’a pas vraiment tenu ses promesses ! Elle est la 4ème plus grande ville du pays mais nous a donné une impression de petitesse, de tristesse (due au temps gris ?) et pourtant, c’est une ville qui est donnée dans les guides comme très dynamique et touristique… Il faut dire que nous n’avions qu’une heure quarante-cinq pour la visiter et que nous en avons passé une partie pour aller nous restaurer (nous devions rentrer tard à Dublin) et déguster la bière locale… il faut ce qu’il faut ! Nous avons cependant fait un bon tour dans cette ville qui n’a pas réussi à nous enthousiasmer.

La route du retour fut directe et nous sommes rentrés à Dublin à 20h00, un peu fatigués mais bien contents de notre journée.

Pour les photos, cliquez ici

Lundi 23 mars 2015

Dernier jour, déjà ! Ça passe vite quand on est aussi occupé… Malgré tout, nous sommes arrivés déjà fatigués par notre déménagement et Blandine, qui nous a beaucoup aidés et qui n’a pas eu de vacances depuis plusieurs mois, n’était pas non plus dans une forme olympique !!! Si bien que lundi matin, nous avons profité de notre chambre d’hôtel jusqu’à l’heure limite, c’est-à-dire midi, avant de repartir à l’assaut des rues…

Nous avions prévu d’aller visiter la « Guinness Storehouse » (il faut dire qu’ici, Guinness est omniprésent) mais du coup, vu notre forme, nous avons renoncé. C’est d’ailleurs la seule chose que nous avons « shuntée » de notre programme…

Notre vol étant prévu à 19h25, nous avions jusqu’à 16h30 devant nous pour parfaire notre découverte de Dublin. Bien assez de temps pour nous rendre dans le quartier de Parnell, au nord de la Liffey et celui de St Stepen’s Green au Sud.

Nous avons donc retraversé le O’Connell Brigde et comme nous sommes repassés devant la poste, nous en avons profité pour rentrer à l’intérieur, comme il était fortement conseillé par les guides… Nous avons ainsi pu découvrir plusieurs monuments, dont le « Parnell Monument » et le joli « Garden of Remembrance », jardin souvenir du passé irlandais et puis aussi bien sûr flâner dans les rues comme nous savons si bien le faire. Pour la première fois, quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber et nous nous sommes réfugiés dans un restaurant/pub très particulier puisqu’il est installé dans une ancienne église. Très sympa comme endroit, qui nous a permis d’éviter la grosse averse qui a suivi… On a vraiment été chanceux durant ce WE car après, le ciel bleu est revenu !

Après avoir retraversé la Liffey, nous nous sommes donc rendus à St Stephen’s Green, un parc de 9ha bien agréable à parcourir par ses petits sentiers sinueux qui contournent un petit lac peuplé de canards… Autour, les beaux quartiers où l’on a pu admirer « Leinster House » qui abrite depuis 1922 les débats du Parlement irlandais.

L’heure était venue de rejoindre l’hôtel pour récupérer notre maigre bagage et nous rendre à l’arrêt de bus qui nous a conduits à l’Aéroport. Eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin mais nous étions quand même heureux de rentrer dans notre nouveau « chez nous » d’autant que la fatigue commençait à se faire sérieusement sentir !!!

J’espère en tout cas que nous vous aurons donné envie d’aller visiter l’Irlande, pour notre part nous ne saurions que trop vous le recommander car en plus du côté agréable de la visite, l’accueil chaleureux et la gentillesse des irlandais vaut vraiment le détour !

Pour voir les dernières photos, c’est là

Catégories : IRLANDE | Étiquettes : | Un commentaire

Derniers jours

Dimanche 2 et lundi 3 novembre 2014

Nous sommes aujourd’hui le 8 novembre et c’est seulement maintenant que je prends le temps pour vous raconter la fin de nos aventures guyanaises ! Nous avons été happés par les problèmes dès notre retour en France… Il faut nous occuper de notre futur « nid » puisque nous avons signé un compromis pour l’achat d’un appartement la veille de notre départ pour la Guyane ! Je ne vous l’avais peut-être pas dit mais nous avons décidé de nous installer à nouveau à Achères, on aime bien cette petite bourgade ! Bref, la signature définitive se fera le 10 décembre et comme nous voulons aménager notre nouvel espace vie à notre goût, il faut prévoir quelques travaux…

Mais pour l’instant, repartons en Guyane : nous sommes donc rentrés sur Cayenne après notre escapade à St Laurent du Maroni le jour de la Toussaint et le lendemain nous en avons profité pour aller faire un tour au cimetière de Cayenne !!! Comme ici, ils se parent de fleurs plus colorées les unes que les autres mais là-bas, seules des fleurs artificielles sont déposées sur les tombes. Après mûres réflexions, nous avons compris pourquoi : qui dit fleurs coupées dit vases remplis d’eau et qui dit vases remplis d’eau dit eau stagnante donc nids à moustiques !! Et croyez-moi, il n’y a pas besoin de ça… Nous nous y sommes rendus en fin d’après-midi car nous avons un peu musardé le reste de la journée, les photos ne sont donc pas aussi belles qu’elles auraient pu l’être…

Il paraît que l’on ne peut pas aller en Guyane sans aller se désaltérer au Bar des Palmistes (sur cette belle place que nous vous avions présentée en début de séjour) et nous nous sommes donc fait un devoir de combler cette lacune ! Après la visite du cimetière, direction le Bar des Palmistes où nous avons siroté avec plaisir un « caipirinha », cocktail brésilien préparé à base de cachaça, de sucre de canne et de citron vert et nous en avons profité pour nous restaurer : dommage, quand j’ai pris la photo de notre très belle salade de la mer, j’en avais déjà mangé la moitié !!!!

Le lundi, Rachel a repris le cartable et le chemin de l’école, quant à nous, nous nous sommes attelés au ménage et je peux vous dire que l’on a transpiré entre la chaleur humide et les 140m² à nettoyer ! Mais c’était bien la moindre des choses après l’accueil on ne peut plus chaleureux qu’elle nous avait réservé !

Nous avons repris notre « bétaillère » avec presque 2h00 de retard (et quand je dis bétaillère je pèse mes mots, hélas c’est une généralité pour tous les avions qui desservent les DOM-TOM) et sommes arrivés à Orly le mardi matin ni frais ni dispo !!!

Nous avons encore quelques jours à patienter pour être sûrs de ne pas avoir attrapé le palu, la dengue ou le chikungunya mais de toute façon, quoiqu’il arrive, nous avons adoré notre séjour en Guyane.

Encore un grand merci à Rachel et aussi à tous les gens sympa avec qui nous avons fait connaissance : Kelly, Patricia, Terence, Nathalie, Pierre, Jimmy et Natacha, Hervé et Fati ainsi que les enfants… Nous avons passé d’excellents moments en leur compagnie !

Pour regarder les toutes dernières photos, cliquer ici.

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Un commentaire

Retour sur Cayenne

Samedi 1er novembre 2014

J’espère que vous avez bien digéré l’histoire du bagne ! Je me suis tout de même rendu compte que j’avais omis de vous dire que la fermeture définitive du bagne n’est intervenue qu’en 1953 et que l’abrogation de la loi sur la relégation n’a eu lieu qu’en 1970 ! C’est une histoire vraiment contemporaine…

Hier, nous avons quitté St Laurent pour notre retour sur Cayenne. Mais Rachel ne nous avait pas encore montré tout ce que la Guyane pouvait nous offrir ! Elle n’a donc pas hésité à nous faire prendre la route des écoliers…

Avant de quitter St Laurent, elle nous a emmenés dans un quartier peuplé par les Saramakas, peuple d’esclaves noirs venus d’Afrique au Surinam et qui se sont enfuis et réfugiés en Guyane vers la fin des années 1770. L’art Saramaka est très beau et coloré, hélas leurs pirogues habituellement bien décorées n’étaient pas sur la plage… Juste en face, se trouve la ville surinamaise de Albina.

Nous sommes ensuite partis pour Awala-Yalimapo, au bout de la route de l’Ouest du littoral. Situé à une cinquantaine de km de St Laurent, nous avons fait un stop en cours de route pour aller voir la jolie église de Mana où l’office se terminait. Nous étions le 1er novembre et tout le monde s’était mis sur son 31, les femmes portaient toutes le même chapeau. Très joli à voir !

Awala-Yalimapo, nous sommes arrivés au bout de la route ! Nous sommes au cœur de la communauté amérindienne la plus importante de Guyane, la commune est entièrement administrée par leur soin. C’est une réserve écologique où l’on peut venir assister à la ponte des tortues luths, évènement exceptionnel qui attire, du mois d’avril au mois d’août, une foule de curieux. D’autres tortues (vertes et olivâtres) viennent aussi y déposer leurs œufs à peu près à la même période. Hélas pour nous, ce n’est pas la saison !!! Nous avons quand même vu quelques coquilles d’œufs…

Après un rafraichissement au bar amérindien du coin et un pique-nique sur le bord de plage, bien abrités du soleil, nous avons repris la route jusqu’à Kourou où Rachel connaît le meilleur glacier de Guyane. Et je peux vous certifier que les italiens ont de la concurrence ! C’était un vrai délice… Il faut dire que le glacier a pris des cours chez Le Nôtre. Bref, vous l’aurez compris, nous nous sommes régalés !

Le dernier tronçon pour arriver à Cayenne ne nous est plus inconnu car nous l’avons déjà parcouru à plusieurs reprises. C’est fatigués mais heureux que nous avons repris nos petites habitudes chez Rachel.

Nous vous avons photographié une carte de Guyane pour vous montrer notre parcours ici. Vous y verrez la route en rouge qui va de St Georges à St Laurent, pratiquement la seule route de Guyane… 500km, et nous l’avons parcourue toute entière ! Le reste du département est couvert de forêt et n’est accessible que par pirogues ou petits avions (y compris la Montagne d’Argent et Ouanary). En cliquant sur les miniatures ci-dessous, vous pouvez les agrandir.

 

Pour voir le diaporama du jour, c’est comme d’habitude, il vous suffit de cliquer ici.

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | 2 Commentaires

St Laurent et St Jean du Maroni

Vendredi 30 octobre 2014

Une journée au bagne !!! Tellement remplie que je n’ai pas pu vous faire notre petit compte-rendu journalier…

Nous avions rendez-vous à 9h30 pour une visite guidée du camp de la transportation. Je pense que dans la tête de la plupart d’entre vous, le bagne c’est Cayenne, or il n’en est rien. Si vous nous avez un peu suivis depuis notre arrivée en Guyane, vous avez pu constater qu’il y a eu plusieurs essais de bagnes (« montagne d’argent » notamment) mais que tous n’ont pas pu perdurer pour cause de mortalité très forte. Mais il n’y a jamais eu de bagne à Cayenne proprement dit !

DSC_0654

En 1852, des bagnards (ou transportés) venus de divers endroits de Guyane furent envoyés à St Laurent du Maroni et aux Iles du Salut pour construire un nouveau centre pénitentiaire. En 1885, suite à la loi sur la relégation, le camp de St Jean du Maroni verra le jour, construit cette fois par les relégués…

Vous allez vous demander à quoi correspondent les termes de « transportés » et de « relégués ».

Les « transportés » sont des condamnés aux travaux forcés. A la demande de Napoléon III, ces condamnés, qui, jusqu’alors effectuaient leur peine en métropole, seront désormais transportés en Guyane.

Les « relégués » sont des multi récidivistes qui « gênent » la société bien-pensante. Une loi est promulguée en 1885 concernant les récidivistes d’au moins 4 condamnations : ils effectueront leur peine en métropole et seront envoyés ensuite à vie en Guyane. Cette loi avait pour but de coloniser ce territoire français en distribuant des lopins de terre aux relégués afin qu’ils fondent une famille. Mais ce fut un échec cuisant : les conditions de vie, les maladies, le manque de femmes ont fait de ce projet un véritable fiasco.

Pour compléter le lexique du parfait bagnard, voici deux autres termes utilisés :

Les « déportés » sont les condamnés politiques pour espionnage, trahison, désertion ou faux monnayage. Ils étaient enfermés aux Iles du Salut, tel Dreyfus.

Une fois leur peine achevée, les transportés devenaient des « libérés ». Ils devaient cependant rester en Guyane sous contrôle de l’administration pénitentiaire et se voyaient obligés de résider en Guyane le même nombre d’années que leur peine si celle-ci était inférieure à 8 ans. Pour ceux dont la peine était supérieure à 8 ans, ils avaient obligation de résider en Guyane à vie. Mais peu de libérés purent rentrer en Métropole car ils devaient s’acquitter du prix du billet de retour et ils n’en avaient pas les moyens !!

Nous avons commencé notre visite par le quartier des transportés. Derrière les bâtiments d’administration, se trouvaient des « cases » où habitaient les détenus. Deux étages pour la plupart, les détenus y passaient la nuit dans un état de promiscuité totale tandis que la journée ils travaillaient à la construction de la ville. Chaque individu était utilisé par rapport à ses compétences (le bagne était décoré de fresques). A la moindre incartade au règlement, le transporté était jugé par le Tribunal Maritime Spécial, situé du côté du quartier disciplinaire. Selon la gravité de la faute, il pouvait être condamné de 1 nuit à 6 mois de réclusion dans un dortoir collectif ou une cellule individuelle, attaché par des fers ! En cas de faute extrêmement grave, il était condamné à mort et enfermé dans une cellule du quartier spécial. Il était guillotiné en présence d’une trentaine de détenus obligés à assister à l’exécution pour montrer l’exemple !!!

DSC_1006-6

Bien sûr, les libérés et les relégués pouvaient aussi commettre une faute à l’extérieur de la prison. Ils étaient eux aussi jugés par le même tribunal mais exécutaient leur peine dans les quartiers qui leur étaient réservés.

DSC_1010

Les conditions de vie déjà certainement très dures la journée devenaient cauchemardesques la nuit. Vous pourrez observer dans le quartier disciplinaire les toilettes aussi appelées « nid d’amour » car prostitution et viols étaient monnaies courantes. D’autre part, cet endroit servait aussi au bagnard pour cacher son « plan ». C’était un tube qui ressemblait à un étui de cigares. A l’intérieur, le bagnard enfermait des photos souvenir, des plans d’évasion (d’où le nom de cet objet) ou de l’argent car il n’existait aucun vestiaire pour ces hommes. Le seul endroit où le plan pouvait être caché en sureté était l’intestin du bagnard. Imaginez par quel chemin il devait être introduit !!! Mais le plan faisait l’objet d’une permanente convoitise et tous les moyens étaient bons pour essayer de le voler : tabassage, meurtre….

Parmi les détenus, l’un des plus célèbres fut Henri Charrière dit « Papillon » et il a occupé pendant un certain temps la cellule 47 du quartier disciplinaire. Vous verrez la gravure de son nom qu’il a effectué lors de ce séjour.

Après cette visite extrêmement intéressante et émouvante, nous sommes rentrés à l’hôtel et avons plongé dans la piscine de l’hôtel ! Quel bonheur après ces heures d’intense transpiration. Petit pique-nique sur la terrasse de notre chambre (Rachel avait organisé tous les repas de midi pour les 3 jours de balade, en grande organisatrice qu’elle est !), puis sieste réparatrice et c’est reparti ! Nous reprenons la voiture pour nous rendre à St Jean du Maroni située à 18km de St Laurent, siège du camp de la relégation. Je vous ai parlé des relégués et c’est donc là que ces parias de métropole sont arrivés et ont construit ce camp.

DSC_1111

Nous sommes arrivés à St Jean et à notre grande surprise, le camp des relégués est aujourd’hui occupé par les militaires du 9ème RIMA. Nous étions accompagnés d’un guide, fort intéressant, qui nous a fait, à notre grande surprise, pénétrer dans l’enceinte militaire. Tous les bâtiments occupés par les militaires et leur famille sont les bâtiments construits par les relégués et ils sont donc parfaitement conservés. C’est une chance pour la conservation de ce site ! Nous avons bien marché dans le camp et c’est bien transpirants que nous avons terminé cette visite… Après un petit passage par le bar du coin, au bord du fleuve, nous avons repris la route pour St Laurent, la tête remplie des histoires de bagnards !!!!

Nous sommes heureux de ces visites car nous avons appris énormément de choses sur cette période de l’histoire. J’espère que mes explications seront à peu près compréhensibles car il faut dire que ce n’est pas très simple, c’est pourquoi j’ai essayé de schématiser quelque peu. Nous avons légendé les photos pour que les explications soient à peu près claires !

Pour vous plonger dans l’univers du bagne, c’est par ici.

PS : une grosse faute s’est glissée sur une des photos du diaporama… J’ai écrit « punission » (oh, la honte) en lieu et place bien sûr de « punition » !!!! La fatigue et la chaleur sont sans doute à l’origine de cette faute impardonnable ! Veuillez m’en excuser…

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Un commentaire

St Laurent du Maroni

Jeudi 30 octobre 2014

Quel bonheur : après avoir visité durant notre tour du monde la célèbre prison d’Alcatraz, nous voici maintenant au bagne le plus célèbre de Guyane.

Pour tout le monde, le bagne, c’est Cayenne, mais en fait c’est à St Laurent du Maroni que se trouve le plus célèbre d’entre-eux ! 250km séparent Cayenne de St Laurent et c’est le voyage que nous avons effectué aujourd’hui.

Nous sommes partis ce matin vers 10h00 et nous nous sommes arrêtés pour le pique-nique du midi à Sinnamary, petite ville célèbre pour avoir accueilli une émission de télé-réalité au début de ce millénaire, qui mettait en action des « militaires » choisis parmi quelques célébrités française tels Castaldi et Roucas… Bref, c’est une petite ville toute mignonne et nous avons déjeuné au bord du fleuve Sinnamary. Après avoir pris un café au bar du coin, nous avons repris la route et avons fait un autre stop dans une bourgade du nom de Iracoubo, célèbre pour sa jolie petite église entièrement décorée par un bagnard. Elle a été classée monument historique depuis 1978 grâce aux 600 m2 de fresques dues au forçat Pierre Huguet dont on sait peu de chose, né vraisemblablement en 1850 à Clermont-Ferrand et condamné, en 1889, à 20 ans de bagne pour vol avec effraction.

DSC_0588

Le dernier tronçon s’est effectué sans stop et c’est vers 16h00 que nous sommes rentrés dans la ville de St Laurent, séparée du Surinam par le fleuve Maroni. Les berges sont bien aménagées et la première impression est plutôt agréable : on a du mal à imaginer les horreurs qui ont pu se passer ici ! La ville, presque entièrement construite par les bagnards, est charmante. Construite en damier, elle était divisée en trois quartiers. Il y avait le quartier officiel avec les administrations et ses logements de fonction, venait ensuite la ville coloniale destinée aux concessionnaires, puis le quartier du Camp de la transportation (ou bagne, dont je vous parlerai plus en détail ultérieurement puisque nous le visitons demain matin). Cette organisation et la qualité des constructions firent surnommer Saint-Laurent le « Petit Paris ».

DSC_0645

En attendant cette visite, nous avons meublé notre fin d’après-midi par un tour de ville à pied et avons été charmés par tous ces jolis édifices. Le ciel était particulièrement beau car annonciateur d’orage… Par chance, il est passé à côté et nous n’avons pas essuyé d’averse.

J’espère que vous apprécierez vous aussi la visite en cliquant ici.

Demain donc, visite du bagne de St Laurent le matin et de celui de St Jean du Maroni l’après-midi…

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Poster un commentaire

Les marais de Kaw

Mardi 28 et mercredi 29 octobre

Ces deux jours ont été consacrés à la visite des Marais de Kaw et sur la route, nous nous sommes arrêtés pour aller admirer des oiseaux extraordinaires, que nous n’avions jamais vus auparavant (si ce n’est par les photos que nous avait rapportées Blandine lors de ses séjours précédents). Il s’agit des coqs de roche à la couleur orange que l’on peut, fort heureusement, repérer facilement dans le vert du feuillage si dense de la forêt guyanaise.

Nous sommes partis avec la famille de Jimmy au grand complet (Natacha son épouse, Quentin, Alicia et la petite pitchoune Elina) et c’est en leur compagnie que nous avons parcouru la bonne ½ heure de marche sur un terrain quelque peu accidenté qui nous séparait de l’observatoire de ces oiseaux fabuleux. Nous avons eu la chance d’être seuls sur le site (nous avions, grâce à Patricia, choisi la bonne heure pour nous y rendre c’est-à-dire l’heure de midi !) et surtout que les oiseaux soient au rendez-vous, ce qui n’est pas toujours le cas ! Mâles et femelles sont venus pavaner devant nous mais sur le nombre impressionnant de photos que j’ai faites, peu sont vraiment belles : il faut dire que nous sommes dans la dense forêt guyanaise et que la luminosité ne se prête pas facilement à ce genre d’exercice… Bref, vous pourrez quand même admirer le mâle, splendide dans sa robe orange vif et la femelle beaucoup plus discrète dans sa robe marron, tous deux ayant la tête rehaussée d’une crête.

DSC_0205 DSC_0203

Nous n’étions qu’à une quinzaine de minutes de voiture de notre destination finale, les marais de Kaw, où nous avions réservé une balade sur un petit bateau, le Morpho. Nous avons embarqué à bord vers 15h00 et nous avons vogué tout l’après-midi au fil de l’eau, admirant paysages et faune (particulièrement des oiseaux) pour notre grand plaisir. Nous avions la possibilité de monter sur le toit du bateau pour une découverte encore plus agréable des lieux.

DSC_0546

La particularité de cette mini-croisière est qu’elle s’est prolongée jusqu’au lendemain matin et nous avons donc passé la nuit à bord, les couchettes étant installées après une navigation de nuit qui nous a permis de voir quelques petits caïmans, dont l’un d’eux, que nos hôtes sont allés arracher à leur milieu naturel, dont vous pourrez admirer les photos dans le diaporama.

Nous sommes à la saison sèche et le marais est forcément moins en eau ! Les paysages n’en étaient pas moins beau pour autant, vous verrez. Nous avons rencontré beaucoup de nos petits amis les oiseaux tout au long de notre balade mais nous les avons regroupés sciemment en fin de diaporama pour nous faciliter la vie !!!! Eh oui, il fait très très chaud ici et la fatigue est bien présente !

DSC_0552

Nous avons en tout cas passé de forts agréables moments (en bonne compagnie en plus, ce qui ne gâte rien) et j’espère que vous voudrez nous rejoindre pour un petit moment en cliquant ici.

Demain, nous quittons Matoury (le lieu de résidence de Rachel) pour 3 jours de vadrouille jusqu’à St Laurent du Maroni et son plus célèbre bagne…

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Poster un commentaire

Visite du Centre Spatial de Kourou

Lundi 27 octobre 2014

Encore une belle (et très chaude) journée qui s’achève ! Le programme du jour était la visite du Centre Spatial de Kourou et croyez-moi, il n’y a pas que Pépère qui a apprécié !!!

Nous avions prévu de commencer cette journée par la visite de roches gravées amérindiennes datant d’environ 4000 ans avant JC mais hélas, nous sommes en Guyane et le site n’ouvre que sur RV ! Il y a quelques années, Blandine les avait admirées lorsque rien n’avait encore été fait pour les préserver mais maintenant, il faut montrer patte blanche pour aller les voir… Rachel va prendre RV pour le jour de notre retour de St Laurent du Maroni, c’est sur le chemin. Il faut dire qu’une seule route traverse la Guyane d’Ouest en Est et Kourou est un passage obligé. Qu’importe, cela nous a permis de retrouver Patricia avec qui nous avons exploré la Montagne d’Argent et nous avons quand même passé un bon moment avant notre visite du CSG (Centre Spatial Guyanais).

DSC_0541

Nous devions arriver au Centre Spatial à 13h00 et nous nous sommes donc retrouvés devant la maquette de la fusée Ariane 5 grandeur nature : impressionnant ! Rachel en a profité pour faire la photo de famille devant ce beau lanceur (le terme fusée est militaire !).

DSC_0547

La visite se fait en bus car le site du CSG fait la grandeur de la Martinique ! Bien sûr, on ne le parcoure pas totalement mais il faut savoir que la base de lancement de Soyuz est située à 25 km des bâtiments principaux. Durant le trajet, des explications très intéressantes et bien faites nous sont données au fur et à mesure de notre progression au milieu des autres pas de tir.

Je ne vais pas m’attarder à vous expliquer tout ce que l’on a pu voir car non seulement nous avons vu beaucoup de choses mais c’est un peu complexe à expliquer quand on n’est pas sur site. J’ai essayé de mettre des légendes sur les photos pour vous faire comprendre ce que nous avons vu. Tout ce que je peux vous dire, c’est que c’est extrêmement bien organisé et les explications sont claires et à la portée de n’importe quel néophyte tels que nous… Le plus impressionnant reste la base de lancement d’Ariane car le bus s’est arrêté à l’endroit même où le lanceur décolle !

DSC_0583

Les salles de contrôle sont aussi impressionnantes à voir et l’on imagine l’effervescence qui doit y régner un jour de lancement. Nous en avons d’ailleurs raté un de peu puisqu’Ariane a décollé le 16 octobre et nous sommes arrivés ici le 17 !!!! Dommage.

Nous avons terminé la visite par le Musée de l’Espace et vous ne serez peut-être pas étonnés, nous étions les derniers à quitter le Centre Spatial.

Blandine nous a offert un T-shirt à chacun et nous avons fait des effets de style dès notre retour à la maison…

Bref, vous l’aurez compris, c’est encore une riche journée que nous avons vécue aujourd’hui !

Demain, nous partons pour les marais de Kaw, où nous passerons la nuit sur le bateau.

Pour voir les photos du jour, c’est par ici.

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Un commentaire

Rencontre avec d’adorables primates…

Samedi 25 et dimanche 26 octobre 2014

La journée du 25 a été consacrée à la visite de l’Ilet La Mère, charmante petite île peuplée par une quantité impressionnante de singes saïmiris… Un régal pour nous qui adorons les primates ! Mais vous pourrez avant tout voir quelques photos de la soirée organisée par Rachel pour nous faire rencontrer Fati et Hervé, un couple de ses amis et fait incroyable, nous avons découvert qu’Hervé connaissait bien un cousin germain de Pépère aujourd’hui décédé mais qui était contrôleur aérien travaillant à Lopérhet en Bretagne tout comme Hervé ! Le monde est vraiment petit !!!

Le lendemain matin, nous avons regagné le ponton d’embarquement pour l’îlet La Mère. En attendant le bateau, nous nous sommes abrités dans les 2m² d’ombre disponibles et nous nous sommes rendu compte que nous étions réfugiés sous un nid de mouches à feu, très méchantes si elles vous piquent… mais elles ont été sympa et se sont cantonnées dans leur espace !

Une demi-heure de traversée et nous voilà débarqués sur l’îlet… Nos petits amis les singes écureuils n’ont pas tardés à venir nous rendre visite, attirés par les sacs de provisions (fermés bien hermétiquement) que nous avons déposés sur la plage en attendant l’heure du repas. Je ne vous en raconterai pas davantage, les images parlent d’elles-mêmes ! Nous avons fait le tour de l’île, ce qui nous a pris 2 heures et sommes revenus sur la plage pour déjeuner… Il y a une bonne raison à cela : pour avoir la paix et ne pas nous faire chiper notre pitance, nous n’avons d’autre choix que de manger les pieds dans l’eau. Nos petits amis n’osent pas s’y aventurer !

DSC_0273

Avant de reprendre le bateau, nous avions une petite heure à tuer et vous verrez comme cela a été profitable pour un repos réparateur !!!

Le soir, nous étions invités à notre tour chez Fati et Hervé et nous avons encore passé une excellente soirée !

Aujourd’hui, c’était barbecue chez Natacha et Jimmy (avec qui nous étions allés à la montagne d’Argent) et encore une fois, quelle belle journée. Nous avons une chance inouïe de rencontrer tous ces gens si sympa !

Nous avons fait la rencontre de superbes matoutous, espèce de mygale plutôt sympa, l’une dans la forêt de l’Ilet La Mère et l’autre chez Jimmy… Mais comme je sais que nous avons des personnes sensibles, j’ai préféré faire deux diaporamas distincts ! Evelyne, ne te trompe pas de « clic » !!!

Pour voir l’Ilet La Mère et nos adorables petits singes, c’est ici et pour voir les matoutous (les 3 premières photos sont celles de la matoutou chez Jimmy et la dernière celle de la forêt), c’est par là.

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Un commentaire

Visite de l’enfer au paradis…

Jeudi 23 octobre 2014

Pas le temps de souffler, debout aux aurores pour se rendre à Kourou où se fait l’embarquement pour les Iles du Salut…

Quand, en 1763, Choiseul choisit Kourou pour établir une colonie d’européens, il n’imaginait sûrement pas la dureté du climat : des milliers de colons furent décimés par les fièvres ! Les survivants se réfugièrent sur les Iles du Diable, ainsi nommées à cause du danger qu’elles représentaient pour la navigation, situées à une quinzaine de km au large de Kourou. Après y avoir trouvé le salut, ils donnèrent ce nom au petit archipel. La plus grande fut baptisée Ile Royale en souvenir de Louis XV, la deuxième St Joseph, l’expédition ayant été placée sous son patronage et la troisième a conservé son nom d’origine, Ile du Diable.

DSC_0943

De 1852 à 1946, les îles furent le site d’un des bagnes les plus inhumains qui n’ait jamais été égalé… Aujourd’hui, vous le verrez sur les photos, ce sont des îles paradisiaques, très luxuriantes, ce qui n’était pas le cas au temps du bagne.

Nous avons embarqué sur un catamaran pour une traversée d’environ 1h30 qui s’est passée dans le calme, ce qui n’est pas toujours le cas car la mer peut être démontée à certaines périodes ! Nous avons débarqué sur l’Ile Royale qui abritait principalement les bâtiments administratifs du bagne, l’hôpital, l’Eglise et bien sûr, la plus belle maison, celle du commandant. Il y avait aussi quelques prisonniers de droit commun, dont Guillaume Seznec dont vous verrez la minuscule maison. Le cimetière des enfants est très émouvant à visiter, fort heureusement les singes sont venus nous distraire agréablement : les petits saïmiris (ou singes écureuils) et les capucins bruns (ou macaques noirs). Il est fort agréable de se promener bien que l’on ait toujours en tête le passé si dramatique des lieux. La mer était d’un bleu profond, c’est le seul endroit en Guyane où l’on peut la voir ainsi, partout ailleurs elle a une couleur plutôt marron !

DSC_1083

Nous avons repris le catamaran, il faut dire que c’est un peu sportif puisqu’à chaque fois, il faut passer par un zodiac avant de monter à bord, imaginez moi dans cet exercice périlleux s’il en est ! Heureusement, il y a toujours des mains qui se tendent pour aider à la manœuvre !!! Nous sommes cette fois accueillis avec un ti’punch pour nous mettre en appétit… Nous pique-niquons sur le bateau en faisant le tour de l’Ile du Diable d’où nous apercevons la maison où fut gardé Dreyfus.

DSC_1124

Nous reprenons ensuite le zodiac pour rejoindre l’Ile St Joseph… enfin, nous trois car Rachel, en grande sportive qu’elle est, s’est jetée à l’eau et a regagné l’Ile à la nage ! Là, on a été bluffé…

Nous avons pris le sentier construit, à l’origine, par les bagnards mais récemment refait, pour nous rendre sur les vestiges du bagne. Bonne grimpette au plein soleil, mais on commence à avoir l’habitude ! Rachel, qui connaît bien, est allée, pendant ce temps, sur la plage faire trempette…

Les « restes » du bagne sont impressionnants : partout plantes et racines étouffent ces cachots qui, un demi-siècle plus tard, nous parlent encore de la souffrance des hommes ! C’est sur cette île que l’on envoie les « durs » en punition. Isolement et obligation de silence sont quelques-uns des «privilèges » dont ils jouissent. Vous pourrez remarquer que des ouvertures munies de barreaux étaient pratiquées aux plafonds des cellules laissant les détenus sans intimité aucune (des passerelles existent encore pour les rondes des gardiens au-dessus de ces cellules) et sans toit pour les abriter… n’oublions pas qu’il n’y avait pas la végétation luxuriante d’aujourd’hui ! On imagine l’horreur d’être sous un soleil de plomb ou sous les pluies torrentielles !

DSC_1171

Après cette émouvante visite, nous avons rejoint Rachel pour une petite pose sur la jolie plage au sable grossier fait de débris de coquillages et avons terminé notre visite par le cimetière où furent enterrés les membres de l’administration pénitentiaire et leurs familles. Les bagnards, quant à eux, étaient jetés à l’eau !

DSC_1223

Le retour à Kourou s’est effectué sur une mer aussi calme que le matin. Nous avons passé une journée splendide et je pense qu’au vu des images, vous allez avoir envie de venir visiter la Guyane (n’est-ce pas Aurélie…).

DSC_1228

Comme d’habitude, Rachel a fait des merveilles et nous avons terminé cette journée déjà si riche autour d’un plat typiquement guyanais, que l’on ne mange qu’à Pâques mais qu’elle avait pris soin de conserver depuis en vue de notre séjour, le bouillon d’awara : un pur délice ! Constitué d’un grand nombre d’ingrédients liés par la pâte du fruit d’awara (une sorte de palmier aux épines acérées) longuement réduite au préalable dans une marmite, c’est un des mets dont la préparation prend le plus de temps : jusqu’à 36 heures ! Un proverbe dit : « Si tu manges du Bouillon d’Awara… En Guyane tu reviendras… ». Une légende raconte qu’une princesse était amoureuse d’un blanc. Sa famille ne voulant pas de ce dernier, elle proposa de faire un plat où elle mettrait toute la Guyane dedans et que s’il aimait, ils pourraient se marier. Sa famille accepta, le garçon aima le plat et la fille et le jeune homme se marièrent… Belle histoire n’est-ce pas ?

DSC_1233

Depuis, nous avons découvert encore d’autres belles choses dont je vous parlerai plus tard !

Pour voir les Iles du Salut, c’est par ici.

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | Un commentaire

La Montagne d’Argent

Dimanche 19 à mercredi 22 octobre 2014

La Guyane, c’est le bagne !!!!!! Bien que la chaleur, les bestioles de toutes sortes soient omniprésentes, ce n’est pas tant ça… mais bien le fait qu’il y a des bagnes partout ! Vous allez pouvoir vous en rendre compte sur les photos, notre campement sur la montagne d’argent était juste à côté d’un ancien bagne.

Mais revenons à nos moutons. Après une première journée bien occupée comme vous avez pu vous en rendre compte, nous sommes partis dimanche matin pour St Georges de l’Oyapock (où Rachel a professé durant 6 ans), accompagnés de Jimmy (garçon charmant s’il en est) pour cette escapade forestière. St Georges est située à 190km au Sud/est de Cayenne et nous nous sommes arrêtés en cours de chemin pour visiter (et déjeuner) dans un petit village Hmong (peuple venu du Haut Laos). Ces gens sont des réfugiés politiques arrivés en Guyane dans les années 70 pour éviter les persécutions. Après avoir visité un musée des insectes, nous avons dégusté une soupe pho délicieuse sur le petit marché !

DSC_0535

Nous avons repris la route, long ruban bordé de forêt, pour arriver en fin d’après-midi à St Georges. Nous y avons fait la connaissance de Kelly, amie de Rachel, qui va nous accompagner, et, après que Pépère et moi avons déposé nos bagages à l’unique hôtel de la ville, nous avons été faire un petit tour ! Vite fait le tour, il faut dire que ce n’est pas très grand. Nous avons ensuite embarqué en pirogue pour nous rendre sur l’autre rive, côté brésilien, et avons passé une soirée super sympa dans un bon restaurant bordant le fleuve Oyapock. Vous pourrez voir un joli pont enjambant le fleuve entre la Guyane et le Brésil, inauguré par M. Hollande soi-même il y a 2 ans mais qui n’est toujours pas en service !!!

DSC_0563

Puis, le lendemain matin, de bonne heure et de bonne humeur, nous sommes partis pour cette expérience unique de bivouac sauvage en forêt amazonienne ! Fort heureusement, nous étions accompagnés par des pros : Patricia qui vit en Guyane depuis presque 20 ans et qui est une inconditionnelle de ce genre d’exercice (bon, d’accord, elle a failli noyer ma Didine il y a quelques années mais ça ne nous a pas empêché de lui faire complètement confiance et on a eu raison !), Nathalie, Pierre, Terence le petit jeune, neveu de Patricia, Kelly, Jimmy et nous 4. Effarant tout ce qu’il faut embarquer pour 3 jours de bivouac : les hamacs, les bâches, les fringues, la bouffe et il en faut quand on est une dizaine, sans oublier l’eau… 3 litres par personne et par jour, faites le calcul ! Bref, on a embarqué tout ça et nous voilà partis pour 2h30 de navigation sur le fleuve, jusqu’à son embouchure dans l’Atlantique.

Le débarquement ne fut pas une mince affaire, le « ponton » vous allez voir, n’était pas ce que l’on peut rêver de mieux ! Heureusement, nous avions des costauds et après de grosses suées, tout a été mis à terre. Encore fallait-il trouver un endroit adéquat pour installer le campement, pas facile quand on trimbale les Arnauds et que l’on ne peut pas les poser n’importe où (parce que tous nos amis n’ayant peur de rien, ils peuvent tout aussi bien s’installer juste au bord du précipice !!!). Une fois tout cela réglé, il a fallu installer les couchages : trouver des arbres 2 par 2 (et assez solides) pour tendre les hamacs (Rachel m’a d’ailleurs fourni la « Rolls » des hamacs…). Après avoir débroussaillé les emplacements (Pépère s’est armé de la machette et a fait ça comme un pro), nos « lits » ont été installés. Un petit essai pour s’assurer que les fesses ne traînent pas par terre, et c’est bon.

DSC_0642

Nous sommes partis pour l’exploration de cette montagne d’Argent qui doit son nom aux feuilles des arbres bois canon qui ont le dessous argenté. Elle abrite les ruines d’un ancien bagne (eh oui, il n’est pas connu, mais il a bel et bien existé). À l’origine, un établissement jésuite s’est installé puis par la suite la montagne a accueilli l’un des premiers bagnes de Guyane en 1854. Les conditions de vie extrêmement difficiles du lieu, ont contraint les autorités à fermer l’établissement en 1861. Par la suite, une réouverture a été effectuée de 1891 à 1929. Aujourd’hui le site est à l’abandon, les vestiges du bagne sont toujours présents et restent majestueux malgré les années passées. Patricia et Nathalie sont passionnées par ce bagne et elles viennent y faire des relevés GPS de temps en temps. Avec Pépère, on s’est cru transporté au Cambodge !

DSC_0668

L’ambiance sur le camp était vraiment extraordinairement sympa. Les nuits, ponctuées par tous les bruits des animaux qui venaient nous rendre visite et qui, en marchant sur les feuilles mortes imitaient des pas humains, étaient impressionnantes… Vraiment, le souvenir restera impérissable et l’on peut se targuer d’avoir encore vécu une expérience nouvelle. D’accord, c’est quand même un peu dur et ce sera sans doute la dernière du genre car il faut être assez sportif et endurant pour faire ce genre de chose ! Mais on l’a fait !!!!!!

DSC_0708

La dernière journée là-bas a été consacrée à une nouvelle exploration à laquelle Blandine et moi n’avons pas participé… nous étions trop crevées et nous avons préféré rester sur le camp !

Mercredi matin, nous avons rechargé la pirogue de tout notre matériel et nous sommes arrêtés à Ouanary, petit village sur le bord de l’Oyapock. Nous avions prévu de déjeuner dans le seul et unique restaurant du village (il n’y a aucun autre commerce) d’un repas typiquement guyanais mais avant cela, nous sommes partis à la chasse aux mygales par un chemin extrêmement pentu et ensoleillé… Epuisant ! Vous ne verrez que des nids de ces charmantes bébêtes… nous en avons entr’aperçu une mais comme elle était dans son trou et à l’ombre, je n’ai pas pu vous la prendre en photo ! Par contre, petit message pour Evelyne : ne regarde pas la onzième photo à partir du début car il y a une grosse mygale prise dans le musée des insectes !!!

DSC_0847

Nous sommes ensuite arrivés à St Georges et après avoir rechargé le coffre de la voiture, nous avons regagné Cayenne avec Jimmy sur le coup de 19h00. Inutile de vous dire que nous avons roulé vitres ouvertes pour nous préserver des odeurs un peu fortes que nous distillions !!!
Hier, c’est-à-dire le lendemain matin, nous nous sommes levés à 5h30 du matin car nous avions rendez-vous sur le ponton à Kourou pour embarquer dans un catamaran qui nous a conduit sur les Iles du Salut… Journée encore géniale ! Mais ça, vous verrez plus tard car je n’aurai pas le temps de vous préparer les photos et l’article ce soir ! Promis, dès que possible, je m’en occupe…

Pour voir notre virée à la Montagne d’Argent, c’est par ici.

Catégories : GUYANE | Étiquettes : | 2 Commentaires

Propulsé par WordPress.com.